15 août 2007
Monotonie matinale
Ouvrir. Fermer. Puis rouvrir les yeux. Sortir de son cocon de sable. Fouler des arbres endormis et puis tomber. Une, deux, trois fois. Plonger dans un ventre inondé. Redevenir phoetus et songer l'espace d'un instant à la noyée. Se demandant si aujourd'hui encore elle me laissera naitre. Mais elle attends encore, recroquevillée dans l'armoire elle fait clignoter les ampoules. Il m'arrive encore d'entendre claquer son coupe-ongles. Comme à nos présentations.
Enfin je respire et cours presser mon dos contre la cloison. La peur me fait jubiler. Tant mieux. Mes cheveux s'enflamment. Mon crâne hurle. C'est insoutenable, exquis.
J'éteinds la flamme, et puis la regarde, l'autre inconnue. Je grimace. Elle aussi. On rit. Eux aussi, j'en suis sûre. Cachés derrière un café brulant et des centaines d'écrans. Comprenez que je m'dois de cadrer juste ce qu'il faut. Je tiens à sa pudeur et à ce que les hyènes ne rient trop, en visionant cette fille. Laquelle ? Celle aux cheveux de feu. Feu mes parents, feu. Et puis la noyée . La noyée qui se penche discrétement chaque matin sur le ventre d'une mère plastifiée. Comme toujours.
Avouons que cette routine me plait assez.
















